Des élèves d'une école privée dirigent un réseau de drogues dans les années 80.

Des élèves d'une école privée dirigent un réseau de drogues dans les années 80.

Après près de dix ans d’inactivité, Joseph Castelo se penche sur une affaire qui a suscité bien des retours grisant sur la jeunesse Américaine. Sans généraliser toute la toile de fond, il appréhende uniquement ce que la perversion d’un groupe d’amis peut engendrer dans les cas extrêmes. Le mal d’intégration mérite une attention particulière dans une société qui « peut » être ingrat envers les plus « faibles ». Il n’y a pas de justice qui aille dans le bon sens d’une personne dans un monde où l’argent, la drogue et le sexe dominent les pensées. L’œuvre aborde ces thèmes, sans surprise ni rigueur dans un élan de bonnes intentions.

On suit alors le parcours épique et vicieux de Tobias « Toby » Hammel (Thomas Mann II), jeune lycéen lambda en quête d’identité morale. Issu d’une famille modeste, il est amené à se familiariser avec des gosses de riches, disons-le. On attire ainsi tous les clichés possibles où il serait prêt à tout faire pour se faire intégrer au mépris d’amis honnêtes ou de parents responsables. Et quoi de mieux pour exciter une bande de toxico ? Toby devient ainsi l’esclave de sa cocaïne, de même que sa mère envers sa réussite. On fait aveuglément confiance aux outils qui offrent la fierté, la joie et la liberté. Tout est synonyme de rêve, et comme tout rêve, le succès est éphémère…

Le tout est un poison qui gagne en terrain et qui se transmet peu à peu autour de l’infecté. Même si les périples de Toby sont au centre de l’intrigue, on ne peut ignorer la charmante Alex Hayes (Lucy Fry). Elle monopolise l’attention et l’intérêt du long-métrage. Elle seule reste en retrait pour mieux monter en puissance et déploie ainsi des chaînes inviolables qui trouveront son petit ami Dennis, comme Toby éperdument attirés par la demoiselle.

Mais en fin de compte, une telle adaptation semble bien tardive alors que d’autres œuvres accomplissent plus respectueusement la prévention contre les stupéfiants. Même s’il est bon de rappeler la nature des faits qui se sont bien déroulés dans ces grandes formes, l’acheminement vers le final confus est très prévisible. La monotonie de l’intrigue y est pour beaucoup et cela ne s’arrange pas lorsque les effets secondaires sont signalés absents. Ce que privilégie le film est une enquête où l’auditoire doit se convaincre qu’il est mal d’approcher la drogue. Il serait d’autant plus efficace d’en connaître les conséquences que peuvent avoir sur la santé des addicts, tout en gardant un œil sur la dégradation du monde autour. Castelo fait la moitié du chemin, sans doute par crainte de sombrer dans le documentaire fictif, mais sa mise en scène n’évolue que très peu. Il s’offre quelques libertés lors des passages clés qui ont marqué les hauts te les bas du jeune dealer, mais il en oublie l’essentiel qu’il sacrifie malheureusement dans la forme. Ce qui devait représenter un polar pourrait se confondre avec un mauvais clip sans saveur. A juste titre ? Pour certains cela suffit, pour d’autres la curiosité démange encore.

« The Preppie Connection » propose ainsi une lecture de la liberté et de la distance que l’on doit adopter à travers ses relations. Sans profondeur, le récit peine tout de même à dresser le portrait de Toby. Son état d’esprit ne va que dans un sens, sans qu’il soit tirailler par les effets de la cocaïne même. Si l’on arpente la dimension d’une adaptation de qualité, le réalisateur ne gratte que la surface d’une couche. Couche que le spectateur, habile d’esprit, en connait les détails. Quoi qu’il en soit, le débat ne suggère que des problématiques rhétoriques, auxquelles les réponses sont appuyées dès l’introduction des enjeux. Il y a à la fois tout, mais on exploite maladroitement le concept de sensibilisation. Au plus, nous n’obtiendrons qu’un bref résumé des aventures d’un jeune homme qui s’engouffre dans les méandres de la perversion et de l’esclavage mental.

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