Le dernier Pistolero, Roland Deschain, est condamné à livrer une éternelle bataille contre Walter O’Dim, alias l’Homme en noir, qu’il doit à tout prix empêcher de détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers. Le destin de tous les mondes est en jeu, le bien et le mal vont s’affronter dans l’ultime combat, car Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour contre l’Homme en noir…

Le dernier Pistolero, Roland Deschain, est condamné à livrer une éternelle bataille contre Walter O’Dim, alias l’Homme en noir, qu’il doit à tout prix empêcher de détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers. Le destin de tous les mondes est en jeu, le bien et le mal vont s’affronter dans l’ultime combat, car Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour contre l’Homme en noir…

Le réalisateur Danois Nikolaj Arcel est confronté à un projet ambitieux, qui divisera à coup sûr, les critiques ainsi que lecteurs ou non des romans de Stephen King. Cela se justifie nettement devant la difficulté d’une adaptation densément riche en univers et personnages de toutes espèces. Son « Royal Affair », ainsi que ses scénarios des « Enquêtes du Département V » offraient pourtant un bon espoir de voir le défi relevé. Hélas, le résultat fait directement échos aux remarques que l’on aurait pu faire sur Warcraft, démarrant avec justesse avec le minimum syndical. Or, le souci est qu’un certain manque de conviction et de motivation martèle le résultat final pour laisser suffisamment d’hésitation chez le spectateur.

Il est évident que l’intrigue dérive de manière inappropriée, mais avant cela, le réalisateur fait appel à sa technicité afin de simplifier et fluidiser son récit. Il n’y aura rien à reprocher sur une introduction qui se déguste sans peine, où les enjeux sont dévoilés succinctement. Mais cette démarche joue sur l’assurance. On joue sur la modération d’une œuvre qui se trouve face à des compromis non miscibles. Bien entendu, le choix de porter la narration dans une facilité d’écriture sert à préserver l’avenir d’une saga en devenir. Mais le fil rouge demeure trop fébrile pour tenir toutes les têtes éveillées. On marque d’un clin d’œil de nombreux détails qui satisferont les pupilles. Ce qu’il y a derrière ces illustrations resteront inconnu et on perd immédiatement la saveur de l’aventure et de la curiosité. On freine constamment les étapes pour introduire des noms, des visages, des lieux ou simplement des fonctions. On n’apprendra pas davantage sur les mystères qui règnent avant tout sur l’écran avant de se pencher dans les écrits du romancier.

Voyons où cela pêche vraiment et démarrons par le cadet de la réalisation, Jake Chambers (Tom Taylor (IV)). Il s’agit d’un garçon dont on devine immédiatement son importance sans qu’il le sache. Rien ne sera implicite et on ira droit au but, telle le souhaite la narration. Et c’est pourquoi des longueurs supplémentaires auraient été les bienvenues. On ne prend pas son temps et on fonce dans « l’action ». Le travail d’ambiance est quelque peu négligé par moment, bien que l’on retienne une bande son acceptable pour la forme. Mais au-delà des efforts et des moyens mis en place, Jake empeste le MacGuffin réglé sur des clichés dont on aurait pu éviter l’utilisation. Mais un choix est un choix. Si tout miser sur la synthèse au lieu de l’explication trop délicate est difficilement gérable, il ne sera pas étonnant que notre esprit rejette l’imaginaire qui nous tient tant à cœur.

Passons au camarade Pistolero, Roland Deschain (Idris Elba). C’est à lui que l’on devrait les prestations musclées qui l’accompagnent. Subtilement modérée jusqu’au climax, l’efficacité du personnage se révèle être concluante en quelques plans, ni plus ni moins. On se permet même de passer outre l’action de type blockbuster bruyant qui raisonne sans cesse. Cependant, la mise en scène à son égard est la véritable faiblesse du scénario bancal. Aveuglé par un récit de vengeance, on en oublier l’enjeu maître du film, à savoir la destruction et le chaos dans l’ensemble des univers, la Terre comprise. Sa présence à l’écran étouffe littéralement l’intrigue qui vire dans des rebondissements sans intérêts. On feint de l’intéresser à une chose, et on passe à autre chose sans tirer pleinement profit des potentiels. On ne retient aucune empathie, sincère, envers le jeune garçon, son tuteur de voyage ou de leur entourage respectif… C’est bien regrettable.

Terminons par l’énigmatique Randall Flag (Matthew McConaughey), l'Homme en noir. Son portrait insuffle de la puissance comme on s’y attendait, mais il n’incarne pas la peur dont on espérait. Il n’y a rien à dire de plus car les artifices qu’il propose, tel un magicien talentueux, au second coup d’œil on n’entrevoit plus autant d’intérêt qu’on est déjà passé à autre chose. On pourrait en dire autant pour chacun des protagonistes principaux dont l’unique but est d’échapper à leur destin. Sur le point, ils triomphent aux dépens d’une lecture propre et robuste.

Le challenge était bien trop lourd à supporter sur les épaules de producteurs sans motivation. « La Tour Sombre » demandait à être introduit, mais gratter la surface ne suffit pas à rendre justice à la glorieuse saga de King. Fresque et compilation symbolique de toutes ses œuvres, il y avait de quoi survendre dans la gratuité. Le film se retient et adopte une tenue respectable et soignée, mais en échange de quoi ? On sacrifie l’efficacité qui se perd de minute en minutes du fait d’un scénario millimétré pour la compréhension de tous. Cela peut rappeler ce que Marvel propose au menu, le même repas, les mêmes couleurs, les mêmes tons. Cette adaptation échappe à certaines analogies mais sur le plan d’approche, nous sommes face à une œuvre trop générique. Au final, ce mariage de fantasy et de western manque de panache par bien des aspects, où même les acteurs les plus attractifs ne réhausse pas le potentiel de l’œuvre à sa juste valeur. Le film se cherche une identité propre et tient à conserver des empreintes authentiques qui les rattache au roman. La liberté de réalisation n’est pas assumée et on assiste ainsi à des alternances permanentes de doutes. On en trouve autant que le vide pour décrire un projet pas si convaincant.

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