Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu'aujourd'hui, il n'y a personne pour la presser. Où sont ses parents? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu. Se pensant l'unique survivante d'une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes: Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile… Mais sont-ils vraiment seuls ?

Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu'aujourd'hui, il n'y a personne pour la presser. Où sont ses parents? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu. Se pensant l'unique survivante d'une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes: Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile… Mais sont-ils vraiment seuls ?

Adapté des cinq premiers tomes de la bande dessinée éponyme, David Moreau tente bien que mal de redorer le blason de la cinématographie française. Il s’offre des libertés d’écriture qui ne sont pas toujours clairvoyantes mais le divertissement est présent. Il est déjà familier avec le genre du survival, avec « Ils » et « The Eye ». Il rallie alors cette notion à celle de la comédie, où il a pu trouver des libertés dans « 20 Ans d’Ecart ».

Le film sombre dans de bien piètres facilités d’écriture qu’il désamorce lui-même la tension qu’il tente d’installer. Là encore, on sent que le travail d’ambiance n’est que partiellement maîtrisé. Tout d’abord marqué par des incohérences à tout va, le scénario laisse perplexe et nous promet la lune, pour au final nous offrir du « brouillard ». Plus on avance et moins on est satisfait, car les réponses que nous attendions résultent soit d’une absurdité, ou restent enterrées pour un prochain opus. Le film ne se suffit donc pas à lui-même, si l’on prend en considération un acheminement redondant, voire prévisible pour une chute, encore sans saveur. On est rapidement désorienté et la direction des acteurs y est pour beaucoup.

Attaquons point par point et honneur aux dames. Leïla (Sofia Lesaffre), sans doute le protagoniste le plus développé, malgré une maladresse persistante sur ses troubles sentimentaux. Il suffit d’observer une scène d’ouverture, techniquement intéressante, mais qui ne proposera pas plus de profondeur par la suite. A mi-parcours, nous savons déjà tout d’elle et on la met en retrait car d’autres personnages prennent plus d’ampleur, ou du moins plus de volume à l’écran. Au tour de Camille (Kim Lockhart) à présent, la mignonne et innocente fille aux airs fragiles. Intérieurement, on sent qu’elle possède du caractère lui permettant de tenir tête à l’adversité. Et pourtant, on la réduit souvent à cette figure fébrile qui ne la correspond pas. On aimerait également en savoir davantage sur son passé ou ses goûts. Ce personnage se referme rapidement sur lui-même, tout comme Terry (Jean-Stan du Pac), le petit comique impulsif. Sur la même pente de développement que la plupart de ses camarades, il n’est défini que par la culture populaire qui les lient entre eux. C’est d’ailleurs le cas d’Yvan (Paul Scarfoglio), maladroit aussi bien avec les mots qu’avec son comportement. L’ironie s’y prête bien dans son cas et il apporte un peu de fraîcheur dans cette lourde et sinistre trame. La pointe d’humour est la bienvenue, mais pourquoi diable banaliser sa présence à ce simple rôle ? Et pour finir, le top du flop, Dodji (Stéphane Bak). Il est mystérieux et coriace, c’est ce qui fait son charme. Malheureusement, cela ne dure qu’un temps et on se lasse de le voir vaciller aussi brusquement vers la lumière. Par nécessité dire-t-on ? Invraisemblable, nous répondrons. Il y avait vraiment matière à construire des relations solides tout en restant cohérent, mais des scènes laissent souvent une trainée d’absurdités derrière elles… Ensemble, ils font face à la solitude. Sans leur parent pour les assister, les repères sont rompus et on insiste bien sur la difficulté de la tâche. Sur ce point, le massage passe bien.

On sent ainsi le réalisateur, freiné par un manque de rigueur ou bien financier. Il y avait moyen de rendre l’aventure plus intriguant et intéressante. En échange, l’ensemble est vide et le dénouement bouscule tout le parcours que l’on a suivi et il s’effondre comme un domino de buches. On ignore le pourquoi du comment. L’intérêt du parcours initiatique perd tout son sens et reste inabouti… Malheureusement, le succès phénomène semble se limite aux planches que l’on trouve en librairie. « Seuls » ne brille pas sur grand écran. Il faudrait une meilleure collaboration avec Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti afin de capter l’essence même du projet. Bien qu’il faille souligner l’effort de proposer du renouveau, dont de la science-fiction française, le fait de s’être limiter à l’acquisition d’un jeune public freine les véritables motivations et devoir de l’adaptation, à savoir « réaliser un film cohérent ». Affaire à suivre, avec le recul nécessaire.

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