La vie de Pelé, la plus grande star brésilienne du ballon rond.

La vie de Pelé, la plus grande star brésilienne du ballon rond.

Le football est par sa nature un sport d’équipe comme un autre. Cependant, l’activité révèle de grands enjeux individuels, jusqu’à intéresser la « politique sportive » avant même de susciter l’intérêt du grand public. L’histoire d’Edson Arantes do Nascimento est d’une remarquable puissance pour les amateurs de la discipline. Les réalisateurs, Michael Zimbalist et Jeff Zimbalist, présentent subtilement un contexte de changement, aussi bien dans la mentalité d’un pays et de ses habitants que dans le style de jeu.

1950, la seleçao brasileira a eu l’opportunité de triompher sur la scène mondiale. Mais sur un coup du sort, reflétant la cruauté du jeu, le stade Maracana où s’est déroulé le drame est maudit… Le Brésil est un pays qui vit avec amour pour son peuple, quel que soit l’implication de ce dernier. Ils sont fiers et avides de prendre leur revanche. Pelé a grandi avec un état d’âme proche de cette détermination. Cependant, la sobriété de son esprit le rend agréable à suivre. C’est à travers son regard que l’on découvre toute cette hargne à vouloir rendre justice au nouveau maillot jaune.

Nous avons de quoi être satisfait quant à l’hommage adressé à l’homme qui a porté son pays dans ses jambes. D’ailleurs, le champion ne manquera pas un caméo touchant et agréable. Il y a de quoi se sentir brésilien le temps de quelques faits de jeu qui ont marqué l’histoire du Brésil. Malgré tous ces efforts, les réalisateurs se sont donnés dans une écriture libre bien trop mélodramatique, comparé à la réalité. Il fallait bien évidemment vendre le projet qui, fort heureusement, ne tombe pas toujours dans l’aspect documentaire.

L’ascension du jeune Pelé n’est que mental. On ne s’étonne pas de le voir réussir des gestes techniques de haut niveau. On s’intéresse davantage à son éducation dans les favelas et au sein d’une communauté en perdition. Cependant, il n’y a de vrai que le fond, alors que la forme puise dans un grotesque théâtre jovial. Ce contraste installe le sentiment de vouloir trop en faire, de vouloir trop conter un mythe par ses meilleurs aspects. La sincérité en prend un coup, alors qu’aller dans ce sens aurait certainement développer davantage d’empathie et de combativité pour la jeunesse. On divertit sans cesse. Au fur et à mesure que l’on avance, le Ginga, style de jeu acrobatique brésilien devient une identité redécouverte. On chorégraphie les moments clés qui donnent les victoires et l’espoir de voir la flamme brésilienne étinceler à nouveau. Mais il est difficile de rend compte de la difficulté de la chose une fois le spectateur porté sur le terrain, en partie à cause de montages maladroits.

« Pelé – Naissance d’une légende » rend bien hommage au grand joueur, à présent trésor national. Le fait de conjuguer le dramatique et le sportif a peu de sens dans la mise en scène. Une erreur de coaching dire-t-on. Le film ne s’accorde pas à rythmer son tempo sur le modeste et élégant jeu de Pelé et c’est bien dommage. On ressort d’un visionnage en ayant passé à côté de quelque chose de plus grand !

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