Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant.

Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant.

Ben Wheatley divise bien les spectateurs à la vue des retours sur son « High-Rise » l’an passé. Pourtant une œuvre loin de décevoir pour autant, il tend a marqué son territoire et son style de montage et d’écriture reste son arme de prédilection. On aura beau accuser à tort ses prises de risques, alors que la jouissance, pas proche mais comparable au genre déjanté de Tarantino, est bien présente. Le corps du film tient sur ses prouesses techniques, alors qu’il se cloisonne en huis-clos. Il s’agit d’un exercice, rappelons-le, sans réel enjeu dramatique au premier abord. Certains auteurs parviennent à trouver la faille et créent la surprise. On pense de suite aux « Huit Salopards ». Mais la force du discours n’est pas le point marquant du film et on ne parviendra pas à égaler le jeune prodige. Non, ici c’est la résonance des coups de feu à tout va qui a un sens profond.

On reste simple de l’introduction jusqu’au clap final. On embarque dans une transaction courtoise et assez décalé dans la forme. La touche comique pointe son nez chez quelques protagonistes qui en sont la caricature même. Toujours dans l’excès, on notera des accoutrements singuliers, allant du moustachu des années 70 au costume flashy d’une époque antérieur. On joue alors énormément sur l’authenticité de cette époque, dépourvu de communication à longue distance pratique. Et lorsque l’intrigue s’emballe, c’est l’anarchie et la naissance d’une comédie d’action comme on l’attendait. Certains plans pourraient se confondre à des jeux vidéo, notamment les jeux de tir à la première personne, mais le réalisme des scènes fait que l’on pense avant tout à la cohérence.

Essentiellement tourné chronologiquement, chaque déplacement dans l’entrepôt est millimétré. Le survival prend la forme humoristique décomplexée au cœur d’un No Man’s Land. On se tire dessus, on se blesse et on continue à se battre au nom de l’absurde et d’une mallette bien remplie. Si Chris (Cillian Murphy) et Ord (Armie Hammer) prouvent qu’ils sont encore au top, on y redécouvre de la fraicheur en Vernon (Sharlto Copley). Il représente la surprise du long-métrage et promet un divertissement de premier ordre. Quant à la seule présence féminine, Justine (Brie Larson) dévoile une face cachée qui la pousse à l’extrême. Les quiproquos dans lesquels chaque protagoniste est amené à se défendre est d’une absurdité sans nom. Grâce un montage alternant des punchlines et des échanges de plomb ricochant, on en rit pourtant. Nul besoin de prendre au sérieux un film dont les enjeux sont moindres. Il suffit de se satisfaire de cette scène, exploitant la totalité de son espace, bien que réduite à une tombe pour la plupart. Mais avant de quitter ce beau monde, ils auront le temps de noyer leur violence à coup de bras de fer déjanté.

« Free Fire » relève ainsi le défi, expérimentant une fusillade moins testostéronée qu’il n’y parait. On finit par tomber sous le charme d’une réalisation qui offre avant tout avec générosité une partition chaotique. Le burlesque parade alors devant une confusion, si aléatoire qu’on en vient à l’accepter au détriment d’une profondeur émotionnelle que l’on sacrifie avec plaisir et sans regret !

Retour à l'accueil