En 1958, les astronautes Frank Corvin, Hawk Hawkins, Jerry O'Neill et Tank Sullivan se préparent pour une mission spatiale mais, au dernier moment, la Nasa leur préfère un singe. Quarante-deux ans plus tard, le satellite russe de communication Ikon menace de s’écraser sur la Terre. Corvin est le seul homme capable de maitriser l'antique système de guidage, calqué sur celui qu'il avait conçu quelques décennies plus tôt pour Skylab. Il accepte la mission, à condition que ses trois compagnons partent avec lui...

En 1958, les astronautes Frank Corvin, Hawk Hawkins, Jerry O'Neill et Tank Sullivan se préparent pour une mission spatiale mais, au dernier moment, la Nasa leur préfère un singe. Quarante-deux ans plus tard, le satellite russe de communication Ikon menace de s’écraser sur la Terre. Corvin est le seul homme capable de maitriser l'antique système de guidage, calqué sur celui qu'il avait conçu quelques décennies plus tôt pour Skylab. Il accepte la mission, à condition que ses trois compagnons partent avec lui...

Loin de le trouver dans cette situation, Clint Eastwood n’hésite pourtant pas à s’investir dans des genres pour le grand public. La dualité entre l’humour ironique et le thème du vieillissement est d’un équilibre qu’il maîtrise haut la main. Il ne réinvente donc pas le genre et préfère insérer son style aussi subtil que divertissant, pour tous les âges.

On ne change donc pas une équipe qui gagne et le défi est de réintégrer quatre astronautes qui méritent leur sortie dans l’espace. Frank Corvin (Clint Eastwood), William Hawkins (Tommy Lee Jones), Jerry O'Neill (Donald Sutherland) et Tank Sullivan (James Garner) forment cette équipe, parfois dépassée par les fourberies de la jeunesse, mais toujours efficace dans leur domaine respectif. On les confronte souvent au handicap physique qui les accompagne, mais le cœur reste intact. L’amour de l’ancien inculque la nostalgie et on se recolle avec un passé à qui on doit tout. Dans le monde contemporain, la forme et l’esthétique connote une valeur hypocrite de la société. On cherche à laisser de la visibilité à la jeunesse, moteur et espoir d’un avenir certain. Ce qui encourage l’extinction de héros, ainsi que de pères de ces nouvelles technologies et artifices que l’on connait.

Par ailleurs, on peut noter un parallélisme sur la relation Corvin-NASA. Eastwood traduit le ton et l’humour décalé par son indépendance qu’il revendique auprès d’Hollywood. Toujours surprenant là où on ne l’attend pas, ce génie parvient à réaliser une véritable fiction avec des codes éthiques qui lui sont propres et chères. Il pose souvent le regard où il faut, sans pour autant critiquer dans l’autodérision. Comme son personnage, à l’image de l’homme exigence qu’il est, il parvient à rendre son univers et sa présence modeste et pourtant nécessaire. Il revendique son titre d’auteur, le détachant du travail d’équipe. Chacun doit trouver sa place dans son monde. La satire de la gloire éternelle est d’une banalité dans le contexte qui se veut marketing avant tout. On continue de rêver et on accepte, avec sincérité, le décollage de ces fortes têtes vers l’infini et au-delà.

Le point de vue qu’adopte « Space Cowboys » reste humble et encourage le talent à s’épanouir encore plus. La fermeté du propos réside dans cette mise en scène qui offre du corps aux héros, plus frais qu’il n’y parait. Il n’y a donc pas d’âge pour nous dicter une ligne de conduite et de vie. La détermination et la force de caractère suffisent à s’imposer dans un système qui se veut fermer. Si l’on a des ailes et qu’on a appris à voler, autant s’en servir et atteindre l’éternel rédemption.

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