Le dimanche 14 novembre 1965, à 10h48, au Viêt-nam, le lieutenant-colonel Harold C. Moore, instructeur à Fort Benning, et 400 soldats américains sont parachutés sur la zone dit d'X-Ray, dans la vallée de Ia Drang. Celle-ci, surnommée Vallée de la Mort par les Vietnamiens, est contrôlée par les forces ennemies. Homme de parole, Moore avance le premier sur le champ de bataille. Lui et ses hommes se retrouvent rapidement encerclés par plus de 2 000 militaires du Viêt-Cong.

Le dimanche 14 novembre 1965, à 10h48, au Viêt-nam, le lieutenant-colonel Harold C. Moore, instructeur à Fort Benning, et 400 soldats américains sont parachutés sur la zone dit d'X-Ray, dans la vallée de Ia Drang. Celle-ci, surnommée Vallée de la Mort par les Vietnamiens, est contrôlée par les forces ennemies. Homme de parole, Moore avance le premier sur le champ de bataille. Lui et ses hommes se retrouvent rapidement encerclés par plus de 2 000 militaires du Viêt-Cong.

Suite au correct « L'Homme au masque de fer », l’américain Randall Wallace s’aventure sur les terres Vietnamiennes, souillées de sueur, de sang et de plomb avec un message non méconnu. Le patriotisme est la seconde nature, voire la première de Mel Gibson. Il nous l’a démontré dans « Braveheart » et la philosophie reste identique dans cette nouvelle guerre.

On élimine les facteurs géopolitiques de l’équation, du moins indirectement. Le conflit qui oppose Américains et Vietcongs est partiellement traité, afin de dégager la terreur exclusive du champ de bataille. Ces derniers représentent le Front National de Libération, dont la motivation n’est justifiée que par la stratégie militaire à l’étude. C’est bien dommage de passer outre ces détails qui permettent d’avoir une vision globale de la guerre. Mais qu’importe car là n’est pas la question, car le réalisateur concentre toutes ses forces sur des actes patriotiques et loin de l’héroïsme que l’on prétend souvent connaitre.

Ce que l’on nous propose sans faute, c’est un certain réalisme dans la coordination de l’entrée en guerre. Bien que la mise en scène ne s’affute pas telles les « Apocalypse Now » ou « Platoon », pour ne citer qu’eux, elle tombe dans son propre piège. Alors que la réalisation fut épaulée par des témoignages du colonel responsable, ainsi que l’unique journaliste militaire présent sur les lieux, le sens du patriotisme est malmené. Les discours des dirigeants et promoteurs de ces massacres n’est pas respectueux à l’égard de l’ennemi, engagé par une Amérique qui cherche exclusivement à se réconforter. Il ne faut pas se voiler la face et accepter le fait qu’il s’agisse d’une victoire Vietcongs en tout point. De plus, les français sont également visés, indirectement puis explicitement dans l’incapacité de ne pas avoir pu contenir l’insurrection dans une colonie qui revendique son indépendance. Et la cerise sur le gâteau, c’est cette fastidieuse vision de la formation des soldats, ainsi que l’arrière qui ne chante que l’éloge et la gloire de maris, mort pour leur patrie. Nous sommes donc d’accord pour apprécier la mise en scène comme situation absurde, bien que les femmes en caserne ne parviennent pas à transmettre le bon message.

Bien évidemment, tout n’est pas à jeter et le divertissement est à son comble. L’action du moment, la détresse d’hommes isolés physiquement et intérieurement sont bien interprétées. Outre les dialogues stéréotypés, ainsi que la misère d’une portée religieuse sans sincérité, on passe un bon moment. La reconstitution de l’ambiance, de la difficulté à tenir une position, malgré l’alimentation récurrente de ressources humaines et matériels est pour le moins explosif. Wallace multiplie les plans sur la zone rouge, destinés à illustrer les dégâts dans les deux camps. On respecte en partie d’adversaire avec sobriété, sans engager d’assaut frontal démesuré. Et pourtant, c’est ce qu’il manque dans l’intrigue pour qu’elle puisse refléter le véritable état d’âme des Américains moyens, tombés pour une cause perdue et confuse.

« Nous Étions Soldats » trébuche donc sur son discours patriotique pourtant fil conducteur de cette réalisation. On glorifie à tort des actes flirtant avec l’héroïsme sans jamais l’atteindre. Au final, on ne gratte que la surface d’un conflit qui mérite plus de sincérité, à l’égard de l’honneur qu’il feint de développer.

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