Avatar

Publié le par Jeremy Chommanivong

Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l'atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des " pilotes " humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora. Sous sa forme d'avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d'infiltration auprès des Na'vi, devenus un obstacle trop conséquent à l'exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na'vi, sauve la vie de Jake...

Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l'atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des " pilotes " humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora. Sous sa forme d'avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d'infiltration auprès des Na'vi, devenus un obstacle trop conséquent à l'exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na'vi, sauve la vie de Jake...

Père des deux premiers Terminator, Aliens Le Retour, Abyss, le recordman au box-office avec Titanic, James Cameron revient depuis 1997 pour un long-métrage des plus intéressants. Blockbuster de premier choix et surtout d’ordre familial, l’intrigue peine quelque fois à démarrer. La nécessité d’aligner des tirades explicatives sur le pourquoi du comment est une recette bien simpliste alors que la subtilité s’empare pratiquement de la moitié de l’œuvre. Mais avant tout, il faut savoir modérer ses propos car ce phénomène divise énormément. De plus, chacun aura certainement des raisons de défendre son point de vue mais il est essentiel de ne pas esquiver l’âme du projet…

Pandora est une planète avec des habitant uniques, un système, une culture et un environnement que l’on apprend peu à peu à découvrir. Tout cela suscite la présence d’humains suréquipés et surarmés. Il est évident qu’un conflit d’intérêt est à l’œuvre et c’est à ce moment que l’on se questionne sur la position et les droits du « colonisateur ». La race humaine fait preuve de lucidité lorsque la science est mise en avant. Pour le côté musclé, c’est le retour des clichés tels qu’on les connait déjà sur le bout des doigts. L’analogie avec les guerres, où génocides retentissent à l’unisson, est une auto-critique de la société impérialiste et capitaliste qu’est l’Occident en général. On ne peut y réchapper afin de meubler le décor, déjà trop numérisé. Et bien que la motion capture est à l’usage, son exploitation présente de nets avantages mais également des controverses. Cameron a préféré immerger ses spectateurs par frénésie dans Pandora. Or une fois dedans, l’animation séduit, certes, car la photographie propose bien des surprises. La quête de l’imaginaire est importante et tient ses promesses. On a beau s’arrêter à ces détails qui ont déjà saisi le cœur du grand public, l’escapade en ces terres inconnues sous-entend tellement plus…

La hiérarchie, aussi bien chez les humains que chez les Na’vis, est une culture inconsciemment acquise. L’arrivé de Jake Sully (Sam Worthington) chez les autochtones suscite des engouements spirituels et religieux. La distinction est forte, présentant ce héros au parcours initiatique et suggérant qu’il incarne le leader civilisé qui vient libérer le peuple Na’vi de sa dépendance à mère nature et de ses coutumes. Ce peuple fait alors écho à un groupe d’animaux et la position du Jake comme dompteur par la suite le placera systématiquement devant sa guide Neytiri (Zoe Saldana) et le peuple vénérant sa stature d’élu. D’où la posture bipède qui prédomine au fur et à mesure que le récit avance. A la base, chacun cherche sa place véritable dans la tribu, une forme de rédemption qui s’entremêle avec le devoir de sa race d’origine. Il n’est donc pas surprenant que l’on empreinte énormément d’arguments dans la culture populaire, mais juste ce qu’il faut afin de façonner le matériel visuel. Toute la beauté réside cependant dans le fond qui regorge encore de potentiel.

Le militarisme est visé dans les deux camps, oui. L’homme, de son côté, utilise sa technologie, machine qui lui sert de prolongement physique et mentale dans l’aboutissement de ses objectifs. Les Na’vis « s’approprient » des animaux comme monture et peuvent partager les mêmes motivations que l’homme si nécessaire. Le rapport homme-animal prend alors un sens ambigu lorsque l’acquisition et l’usage de la bête en question est à sens unique. En quoi ce peuple, implicitement estimé supérieur à l’humanité, semble donc prédisposé à nous séduire à la vue de cette similitude ? Au climax final, tout penche en faveur de l’oppressé et n’illustre rien de réellement d’emballant si ce n’est que le divertissement, accompagné de sa justice limpide à la morale de l’intrigue.

Quant au reste du casting, riche en protagonistes à la fois emblématiques et narratifs, on ne se plaint pas de leur prestation. Plus que suffisant, ils arborent la relation humain-Na’vi comme un bénéfice. Or, les enjeux diffèrent rapidement, à tel point que l’on oublie la situation de la Terre et l’objectif premier de cette expédition coloniale. Grace Augustine (Sigourney Weaver) et le colonel Miles Quaritch (Stephen Lang) opposent leur argument selon leur domaine d’expertise. Ni l’un ni l’autre ne parvient à trancher quant à l’avenir de la planète. Le choc de devoir et la modestie de chacun sont malheureusement stéréotypés, laissant place à une lecture monotone de ces figures. Il y a donc de quoi se rendre compte de l’importance de la forme, mais le fond constitue l’essentiel à retenir.

En vertu de quoi, « Avatar » marque le pas dans une génération fleurissante. Le public lui accorde le mérite d’innover, bien qu’en prenant suffisamment de recul, le résultat est tout simplement recyclé pour un thème plus en rapport avec la comparaison entre deux mondes, pas toujours aussi différents. Ce succès mondial laisse Cameron dans une position d’honneur lorsqu’on a su capter tout l’essence de ce projet pourtant original, tant bien dans la forme que dans le fond, riche et discutable.

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valerie 09/06/2017 13:49

Pas trop friand de ce genre de film vu en famille, j'avoue avoir beaucoup aimé cette histoire assez touchante ! On évolue dans un monde extraordinaire et on se laisse prendre sans en perdre une miette... Et au final, un film où on ne voit pas le temps passer !