Southampton, 10 avril 1912. Le paquebot le plus grand et le plus moderne du monde, réputé pour son insubmersibilité, le "Titanic", appareille pour son premier voyage. Quatre jours plus tard, il heurte un iceberg. A son bord, un artiste pauvre et une grande bourgeoise tombent amoureux.

Southampton, 10 avril 1912. Le paquebot le plus grand et le plus moderne du monde, réputé pour son insubmersibilité, le "Titanic", appareille pour son premier voyage. Quatre jours plus tard, il heurte un iceberg. A son bord, un artiste pauvre et une grande bourgeoise tombent amoureux.

Le visionnaire James Cameron revient avec un tour de force pour le moins mémorable. Suite aux succès, à présent devenus des références de genre, les deux premiers volets de Terminator, Aliens Le Retour ou encore Abyss laissent dorénavant la place à un titan du 7ème Art.

Le premier acte donne suite à la mise en abime de l’insubmersible paquebot. Le contraste sociétal apparait rapidement en faveur du divertissement. La chorégraphie de la haute classe et des classes inférieures ne fait aucun doute du travail préparatif derrière. L’immersion est maîtrisée, tant dans les dialogues que les décors emblématiques et nostalgiques. Le discours de cette observation est à découvrir auprès de Rose DeWitt Bukater (Kate Winslet) et Jack Dawson (Leonardo DiCaprio), deux âmes convergeant l’une vers l’autre. Mais avant que leur amour improbable n’ait lieu, on prend le temps de dépeindre la métaphore de la prison mentale et morale que porte l’héroïne dans le voyage. En ce qui concerne Jack, la simplicité s’empare de son esprit d’artiste. Il tend à déclarer sa flamme ardente à la fois à travers son autonomie, son indépendance et sa rationalité implacable. Son idéal envers la vie qu’il affectionne pour le « Carpe Diem » est source de réflexion, malgré l’aspect enjolivé de la chose. Le travail de mise en scène trouve ainsi l’équilibre afin d’exploiter au maximum la douleur mentale que frappe nos héros à force de s’éparpiller dans les couloirs du navire.

Tout tombe alors à l’eau, lorsque l’on se heurte à la nature féroce et impartiale. Il pousse l’Homme dans ses retranchements et ne lui laisse que l’espoir à saisir. A partir de ce concept, l’émotion prend une nouvelle dimension, allant de la frayeur partagée à l’empathie inconditionnelle. Et le second acte se dévoile décisif dans le cœur…

Passons au naufrage en lui-même que l’on peut apparenter à la « fin du monde ». Les classes sociales s’entrechoquent dans un ultime conflit individuel. Le voyage du jeune couple est au bord d’une rupture physique à la vue de nombreuses victimes. On dénonce ainsi la détresse d’un équipage dépassé et régressant à la seule consigne que la peur dicte à son rythme effréné, la survie. C’est à partir de là que les artifices visuels viennent s’engager dans un réalisme, et dans une reconstitution de premier ordre. La violence est également appelée face à la menace. On finit par l’accepter, tout comme la rédemption de Rose envers sa famille, plus précisément envers sa mère. La détresse est évidente et le sort de chaque passager dépend d’une volonté. Jack et Rose la puisent dans leur forte complicité, fruit d’une traversée pleine de bénéfices moraux.

Et n’oublions pas que James Horner maintient notre attention en alerte grâce à sa partition. La magie auditive est sans appel, au point où elle étoufferait presque la longueur des 3 heures à vivre, sans dévier du visionnage. Céline Dion conclut alors par une de ses plus belles cantates, empreint d’une poésie nostalgique et d’une puissance mélodique.

En somme, « Titanic » représente un monument dans de nombreux domaines que les nombreux prix à son égard ont le mérite de confirmer sa qualité exceptionnelle. Cameron marque le pas et nous sert une tendre romance au destin tragique que l’histoire n’oubliera jamais. Incontournable, l’œuvre porte admirablement tous les éloges qui justifient un déplacement… et pourquoi pas quelques larmes !

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