Il en rêvait depuis La Grande Aventure Lego : Batman est enfin le héros de son propre film ! Mais la situation a bien changé à Gotham – et s'il veut sauver la ville des griffes du Joker, il lui faudra arrêter de jouer au justicier masqué et découvrir le travail d'équipe ! Peut-être pourra-t-il alors se décoincer un peu…

Il en rêvait depuis La Grande Aventure Lego : Batman est enfin le héros de son propre film ! Mais la situation a bien changé à Gotham – et s'il veut sauver la ville des griffes du Joker, il lui faudra arrêter de jouer au justicier masqué et découvrir le travail d'équipe ! Peut-être pourra-t-il alors se décoincer un peu…

Tâche compliquée pour Chris McKay, pour succéder à « La Grande Aventure LEGO » de Phil Lord et Christopher Miller. Le père des « Robot Chicken » s’emploie à réaliser son premier court-métrage avec des bases d’effets visuels digne du précédent film. Mais qu’en est-il du fond et de l’âme de ce spin-off ?

On perd peu à peu la notion de l’univers LEGO que l’on noie dans les parodies à tout va. Pourtant l’environnement de Batman et donc de Gotham ne manquent pas de possibilités. L’introduction penche dans l’humour du personnage tel que nous l’avons laissé dans la première aventure. On banalise l’intrigue à sa seule forme relationnelle qui existe entre les personnages. Les références s’enchainent alors, malaxant les styles cinématographiques de Burton, Schumacher, Nolan et Snyder. L’avant-goût est un régal qui ne durera que trop peu longtemps…

La crise de l’homme chauve-souris face à sa némésis ultime, à savoir le « chômage », est souvent bâclée dans un flot de divertissement plus qu’enfantin. Le côté grotesque fut la formule gagnante auparavant, mais ici on ne tire pas suffisamment profit de cet ingrédient. Le film adopte pourtant une discussion intéressante, mettant en avant l’autodérision du héros. L’agonie dans son tourment mental ne questionne pas assez le spectateur qui ne sait plus où donner de la tête dans des montages presque épileptiques. L’œil concentre ainsi sa vision à identifier des repères et c’est bien ce que le film permet. Or, l’aboutissement de cette hystérie permanente ne permet pas le recul, le souffle nécessaire afin de mieux appréhender la chose. La forme n’offre pas la meilleure des évolutions chez le personnage. On tombe souvent dans l’absurde qui ne trouve pas la justification apaisante. Et on passe outre ces grains narratifs de la pop-culture en échange d’une œuvre normalisée.

Malgré le manque d’imagination constructive souhaitée, le divertissement persiste à renouer avec le succès du frère aîné. « LEGO Batman » est ainsi le fruit d’un décalage assumé, cependant trop rapide pour le tenir en laisse. Aussitôt vu, aussitôt oublié !

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