A travers l'histoire de deux amies qui se vouent une haine secrète, satire sur la volonté de certaines femmes a vouloir rester éternellement jeunes.

A travers l'histoire de deux amies qui se vouent une haine secrète, satire sur la volonté de certaines femmes a vouloir rester éternellement jeunes.

Tout juste après la clôture de la saga « Retour Vers Le Futur », Robert Zemeckis change de ton en adoptant un style plus sombre. Sans enchainer sur un simple divertissement, il parvient à rendre ce genre de thriller très intéressant à suivre.

On en déduit rapidement le sens de la vie par le biais d’une immortalité qui perd tout le sens du raisonnable. Cet aspect visionnaire a de quoi mettre mal à l’aise mais le burlesque rattrape aisément le ton de l’intrigue, virant dans des exemples viraux sur les erreurs humaines. Le désir et la gourmandise font signe de foi et proteste contre toute cette incantation miraculeuse que seule la mort pourrait les libérer. Madeline Ashton (Meryl Streep) et Helen Sharp (Goldie Hawn) font alors une démonstration de force, soulevant que le cas étudié est et restera d’actualité. Outre leur merveilleuse interprétation qui pousse le suspense jusqu’à son comble, leur rivalité pour le premier esthéticien venu Ernest Menville (Bruce Willis) est devenue l’obsession de toute une vie. Le rôle masculin n’est pourtant pas mis en retrait mais sert bien de repère dans ce relief purement métaphorique.

Et c’est d’ailleurs sur des performances de premier ordre que le film se démarque de son époque. Le visuel est implacable et permet donc ces folies humoristiques que le public ne peut qu’applaudir. L’aspect lugubre pourrait rappeler le style de Burton, or la maîtrise du sujet suggère une approche plus fidèle au réalisateur qui préfère engager le spectateur dans un monde utopie pour ensuite détruire ses espoirs et ses fantasmes. Alan Silvestri remplie fidèlement dans une partition si chère aux oreilles de Zemeckis, et la formule fonctionne. La leçon morale est ainsi compréhensible, ne manquant pas de références pour rappeler en quoi la bêtise humaine peut conduire à la dérision, malgré la bonne intention qu’elle referme.

En somme, « La Mort Vous Va Si Bien » est une satire d’une Amérique banalisant l’obésité et cherchant à conserver un corps éternellement jeune. Un phénomène de société qui est régie par un humour noir, dénonçant ce que le monde Hollywoodien tend à faire subir à ses stars, avides de gloire et de l’éternel admiration.

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