Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

Suite l’abomination que fut et restera à jamais « Prometheus », Ridley Scott père du grand Alien revient un peu plus en forme. Essayant d’enterrer ou de rectifier les défauts du premier film prequel, Scott assume ses choix et porte son second souffle sur quelque chose de plus mythique et plus sincère par rapport aux attentes des fans. Cette pression est sans doute l’un des facteurs qui va petit à petit faire sombrer ce nouveau départ, car on sera forcé de constater et d’admettre que « Alien : Covenant » n’est pas à la hauteur de nos espérances.

Les promesses du réalisateur sont simples : retour du xénomorphe si effrayant et développer davantage l’intrigue sur l’origine de la créature ou le concept même de création dans le monde. Il tient à moitié chacune d’entre elles car il ne donne pas assez de consistances et de rigueur à ce projet. On pourra néanmoins identifier des moments de tensions, presque aussi efficace qu’à l’époque mais uniquement sur une période éphémère. Le film en lui-même de supporte pas le poids des incohérences qui initie l’intrigue. Les péripéties sont mal exploitées, non pas dans le sens d’un besoin scénaristique pour faire naître l’horreur. Ici, il est davantage question du contexte totalement absent. On cherche à faire plus simple et donc la linéarité est à prévoir, tout comme chaque mort progressive prévisible au maximum.

De ce fait, le film hérite également de défauts apportés par Prometheus. Le casting est trop conséquent pour rendre l’atmosphère à sa claustrophobie tant recherchée. 20th Century Fox a donc lancé de courtes vidéos sur le net, des prologues au film permettant ainsi le vide concernant la présentation et l’attachement de l’équipage… Cependant, un film ne se juge que par sa qualité finale, c’est-à-dire au montage final dans les salles obscures. On ne retient pas grand chose d'eux et le manque de charisme n'aide pas. Le film annonçait ainsi ses points faibles car il se voulait trop ambitieux et c’est bien le cas. D’une part se racheter des fans, d’autre pas développer un scénario cohérent afin de déboucher sur le premier opus. L’équilibre n’est malheureusement pas maitrisé.

Malgré tout cela, tout n’est pas à condamner. De nombreuses thématiques sont présentes et sont intéressantes. La théorie de l’évolution des xénomorphes puis des néomorphes est toujours d’actualité. Cette part de mystère tient sur le thème du chat de Schrödinger. On cherche à expliquer une explication « matérielle » de la vie alors que le doute subsiste quant à sa naissance aléatoire. On joue suffisamment sur les indices pour laisser tendre une vision vers l’une des hypothèses mais la seconde n’est pas à écarter… et ne trouvera pas confirmation dans ce volet.

Quant à David, interprété par le fidèle Michael Fassbender, il appuie cette courte observation car il détient la clé de cette réflexion. Cette ascension inattendue soulève bien de la curiosité mais ce sera du divertissement et de l’horreur gratuite.

Au final, même si le résultat est décevant, il faudra toutefois souligner un effort considérable de Ridley pour avoir modernisé son style. Ceux qui n’entendront pas cela sont essentiellement des puristes, des conservateurs dans l’âme. Or, l’âme du metteur en scène est bien en sureté… Tout est émietté avec précaution, sans excès. Il n’y a pas vraiment de prise de risque et il a préféré un film sur commande. Histoire à suivre donc, avec cette crainte que l’absurdité rattrape la vraisemblance et la crédibilité du phénomène.

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