Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent qu’ils ont des pouvoirs extraordinaires. Ils vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers : le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante…

Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent qu’ils ont des pouvoirs extraordinaires. Ils vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers : le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante…

Une affaire bien déroutante se profile dans les tentatives de reboot… Associons également une adaptation délicate, nous avons droit à un nanar en devenir. « Power Rangers », c’est avant tout la série télévisée que nombreux auront connu sur le Club Dorothée. Il ne s’agit, ni plus ni moins d’un teenage movie qui ne préserve que le regard des fans de toutes les générations. Malgré tout, l’écart d’âge et l’appréciation est à reconsidérer face à une œuvre marquant un public singulier. Après le dérapage de « Projet Almanac », Dean Israelite poursuit sur sa lancée, en laissant peu de place à l’innovation scénaristique.

Ce n’est pas tant dans la linéarité que cela pêche. On a affaire à une sorte de « Chronicle bis ». Faute de quoi, cela se confirme après avoir recensé le départ prématuré du scénariste original du film. Max Landis aura vu son bijou, dénué de son âme dans un projet déjà bancal. On hésite entre le côté décalé de la série qui s’assume et son côté sérieux, voire dramatique. La zizanie aura rapidement eu ses influences que le spectateur n’aura pas manqué de critiquer à son avantage. L’intrigue manque alors de profondeur dans son élan. Le contexte des héros est pourtant magnifiquement posé au début. Mais plus on avance et plus la confusion guette l’aventure. Tout dérape au moment où la subtilité prend le large, et c’est bien trop tôt…

Par ailleurs, des messages sociaux et moraux figurent de façon gratuite. Leur venue aléatoire est d’une simplicité déconcertante, coupant le rythme du récit ou déviant toute notre attention de l’écran. L’origin story des Rangers connait ainsi une tournure surprenante. D’une part, le choc des couleurs puis des cultures. Le casting confirme le constat, mais le film va plus loin dans ses idées. La caricature des adolescents ne laisse que peu de conviction pour se faire entendre. Malgré tout, on en retient leur nom et leur visage. Les identifier ne demande pas forcément de mal, mais le projet perd l’âme des Power Rangers d’origine. Un arrêt sur le Ranger Jaune et un humour mal négocié, cela ne satisfait pas l’affaire. Tout semble vouloir unir ces héros, mais ce sont ces détails parfois discrets qui noient le film dans sa propre bêtise.

Heureusement que la partition de Brian Tyler relève un peu le niveau, mais le ressenti n’est qu’éphémère. Le visuel, quant à lui, mérite son lot de gratification. Cependant l’abus possède ses conséquences bien visibles, l’aspect déplaisant que Chronicle a su maîtriser avec modération. La texture dépeint une part de crédibilité au background que le film s’efforce de construire. Cette base fait notamment l’objet de relations sociales, au détriment d’un spectaculaire plus engagé et plus simple d’esprit. Deux caméos auront tout de même de quoi faire sourire les nostalgiques.

Au final, les plus jeunes acclameront ce que le cinéphile, même passionné, ne se laissera pas séduire par une fainéantise regrettable. Des efforts sont à soulignés, mais ils restent globalement dominés par une structure peu convaincante et maladroite.

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