A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu'il découvre à l'intérieur du véhicule, il n'a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer... Moss a déclenché une réaction en chaîne d'une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir...

A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu'il découvre à l'intérieur du véhicule, il n'a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer... Moss a déclenché une réaction en chaîne d'une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir...

Adapté du roman éponyme de Cormac McCarthy, « No Country For Old Men » est le premier essai sur support littéraire des frères Joel et Ethan Coen. Connaissant déjà leur genre décalé, impliquant des mises en scène si pures et si passionnelles, ils ne démentent pas un talent propre aux meilleurs cinéastes du siècle.

L’intrigue aborde donc le thème d’une criminalité qui évolue à un stade irrécupérable, voire irréparable. L’homme, dans son tourment de pêchés, affronte les conséquences d’un fléau qui n’a pas d’origine. Le décor du Texas et du Mexique a de quoi poser un contexte légitime à une chasse à l’homme, comme dans les bons Western (urbains) que l’on a pu découvrir auparavant.

La performance de l’espagnol Javier Bardem est le plus précieux joyau de cette folle aventure. Son personnage Anton Chigurh est d’une complexité et d’une subtilité qui ne nous permet en aucun cas d’identifier une éventuelle racine ou référence. L’acteur a également dissimulé son accent afin que son discours soit le plus neutre et le plus froid possible. Toute une réflexion à son égard aura son importance. Plus on avance, plus les rebondissements s’accumulent pour laisser une trainée d’hémoglobine derrière sa perception des choses. Cependant, les Coen ne poussent pas la barre de cette violence au divertissement. Une crédibilisation du décor et de la poésie qui en découle est nécessaire pour que le mot final l’emporte sur tout ce qui a été annoncé.

Josh Brolin, quant à lui, endosse parfaitement le costume du Cow-Boy type, mais sa force de caractère lui permet de rebondir sur la peste qui s’abat sur sa « vie ». Malgré ses traits légèrement caricaturaux au premier abord, il parvient à expliquer toute cette métaphore autour de ses actes. Il en va de même pour Tommy Lee Jones, en shérif acculé par le drame qu’il poursuit en vain. Son humanisation rime avec la narration de cette œuvre si originale et si métaphorique dans l’âme.

Les plus attentifs auront noté l’absence de bande sonore apparente, jusqu’au clap de fin. Oui, le côté immersif prend alors plus d’ampleur dès lors que le discours des personnages est le centre d’intérêt ici. Le rythme est manié à la perfection, un parcours sans faute où l’adaptation au récit est subtilement instinctive. Le charme vient essentiellement de ce constat, si l’on met de côté le travail prodigieux des acteurs.

Au final, l’œuvre ne démérite pas ses nombreuses distinctions à son égard. Une merveille mariant l’humour noir et l’immoralité avec élégance, dont on ne regrettera pas l’escapade !

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