Un groupe d'explorateurs plus différents les uns que les autres s'aventurent au cœur d'une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu'ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

Un groupe d'explorateurs plus différents les uns que les autres s'aventurent au cœur d'une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu'ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

Ce film souffre du même symptôme que « Batman v Superman : Down of Justice » et « Iron Man 2 » pour citer deux œuvres dans une saga en devenir, selon leur avancement. Le film est gourmand en brouhaha burlesque et manque la rigueur qui lui permet d’exister en tant qu’œuvre indépendante. Hélas, Jordan Vogt-Roberts a opté pour la simplicité de vendre une transition grotesque et presque sans intérêt.

Bien entendu, une nouvelle ère semble s’affirmer chez les studios Occidentaux et leur version des Kaiju (Bêtes mystérieuses). La franchise s’est dessinée à partir du premier opus, lancé par Gareth Edwards avec Godzilla. Ici, on retrouve un huis-clos sur l’île « préhistorique » Skull Island, où réside Kong, plus grand que jamais. Exit la version passionnelle de 1933 ou encore celle de 2005 (Peter Jackson) dont il a marqué la culture populaire, la production vise à préparer une arène mondiale pour les rois des Monstres de la culture japonaise.

Il y a vraiment des hommages plus que des idées pertinentes dans cette réalisation qui s’assume, mais qui ne sait pas comment se justifier. On pense de suite à Apocalyspe Now étant donné le contexte et la photographie, pour ne citer que lui. Et c’est cette mentalité du film qui ne cautionne pas la subtilité qui nous renvoie cette image de « vide ». Tout est creux. Les protagonistes principaux peinent à subsister dans ce chaos narratif. Les dialogues sont lourds, s’ils ne sont pas déjà ridicules, voire clichés. La connexion entre les scènes suit cette même logique et tient parfois du hasard. On assiste à une succession de scènes pourtant magnifique, la plupart du temps. Mais les effets spéciaux prennent rapidement le dessus sur le corps d’une expérience peu divertissante.

C’est pourquoi il faut juger ce film dans un autre état d’esprit. Cependant, l’ensemble tend plus à l’amusement que dans un sérieux productif. Nous sentons grandement la bêtise du film « projet » et il s’agit du mal qui frappe le spectateur venu chercher des réponses. Le background y est sans faute, mais ce n’est pas dans une bonne mise en scène que l’information est malheureusement transmise. Il ne reste qu’Henry Jackman qui relève légèrement le niveau côté ambiance, malgré une pointe de discrétion.

Faute de quoi, « Kong : Skull Island » est oubliable, car banal dans sa morale. Seul les plus curieux laisseront la flamme en standby, en espérant voir un meilleur aboutissement à l’avenir. Kong n’est pas sous exploité, encore heureux. Il est juste victime d’une recette mal adapté au nouveau concept qui se dessine alors. Affaire à suivre !

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