Lion

Publié le par Jeremy Chommanivong

Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde. Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village. Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?

Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde. Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village. Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?

Fébrile ! Ce n’est pas tant dans le propos que le film prétend survendre son histoire vraie. Il s’agit bel et bien de choix scénaristiques et quelques fois techniques très prononcés.

La première réalisation de Garth Davis est un choix qui incite à l’éveil de talent. Il a opté non pas au montage majoritairement alterné en flashback, en partant d’un Saroo rongé par son passé. Il est d’ailleurs porté par un Dev Patel trop suffisant, surjoué de temps en temps, pour ce que le film avait à nous offrir. L’influence du succès colossale de « Slumdog Millionaire » pourrait diviser les avis sur ce semblant de remake qu’a entrepris Danny Boyle.

Nous avons donc droit à un parcours d’un jeune Saroo, 5 ans, dont on notera les prouesses de Sunny Pawar qui le campe. Et la surprise est donc totale et plaisant en un sens. On y découvre au côté du protagoniste principale, l’envers du décor d’une Inde, rongée par la misère et d’autres problèmes qu’évoque cette société que l’on a parfois tendance à stéréotyper à tort. Davis a préféré les plans immersifs et un angle de vue subjectif du garçon qui s’est perdu à Calcutta, loin de sa famille. Le premier inconvénient s’invite alors à l’aventure, car le contexte posé sur le personnage est contradictoire à la mise en scène de cette séparation. En reconsidérant uniquement l’acheminement logique de l’intrigue, cela ne colle pas à un Saroo plus intelligent qu’il n’y parait. On s’accordera donc à accepter cette négligence, due à une adaptation plus fidèle…

Cependant, ce sont ces passages qui dénoncent tant de peur et de terreur dans un monde que nous appréhendons différemment. Il s’agit de la partie la plus riche et plus intéressante, en soi. Tout est inévitablement prévisible dans le recollage avec le passé, mais comme nous y sommes, l’aventure s’écrit peu à peu avec une touche de subtilité bien aboutie.

Vient alors l’éclipse en Australie, où Saroo est accueilli. Sue, interprété par une Nicole Kidman en démonstration n’a rien à envier, à l’exception encore des mises en scène. C’est vraiment à partir de cette étape que tout dérape. Pourtant, l’intégration de l’enfant est d’une beauté et d’une souplesse applaudie. C’est bien entendu les changements de tons du Saroo, âgé et perturbé par ses origines. Ses relations avec ses proches sont un peu hasardeuses. Le contexte est certainement mal négocié mais on se perd aussi bien dans les longueurs aussi inutiles qu’ennuyeuses. Ce n’est pas ce que l’on attendait d’une adaptation. Un véritable protocole pour l’hommage se fait entendre au détriment de la mise en scène, sacrifiée.

Pour aller plus loin, il est bien dommage de trouver Hauschka et Dustin O’Halloran nous offre une partition trop souple et lente en inspiration. Le rythme est un point négatif à cette tentative de toucher les Oscar. Ce qui est compréhensible eu vue des moyens employés pour nous sensibiliser.

La touche émotion quant à elle, est au rendez-vous. En admettant les impasses que l’on s’est donné à décortiquer au milieu de ce cafouillage scénaristique, notre jugement est interpelé pour partager les moments forts en bonheur et tristesse que cette aventure. La piste de réflexion se tourne ainsi vers l’espoir, mais néglige les méfaits que l’on exploite à peine en introduction.

Malgré toutes ces bonnes intentions, on ressort d’une séance trop éprouvante, tant bien sur la durée que sa démarche narrative. Il n’en reste pas moins un divertissement de choix, que tous recommanderont, les joues fraîchement séchées d’émotions justifiées.

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