Nul ne sait que Bruce Wayne, le patron d'un vaste et puissant consortium, l'homme le plus riche des Etats-Unis, revêt chaque nuit la combinaison et le masque de cuir de Batman pour voler au secours de ses concitoyens injustement opprimés. Personne, hormis son fidèle maître d'hôtel Alfred et son vieil ami, le commissaire Gordon.

Nul ne sait que Bruce Wayne, le patron d'un vaste et puissant consortium, l'homme le plus riche des Etats-Unis, revêt chaque nuit la combinaison et le masque de cuir de Batman pour voler au secours de ses concitoyens injustement opprimés. Personne, hormis son fidèle maître d'hôtel Alfred et son vieil ami, le commissaire Gordon.

Troisième volet de la saga Batman sur grand écran, Batman Forever rompt avec le visuel cauchemardesque de Burton. Des couleurs vivantes sont installées pour se rapprocher des comics.

Joel Schumacher travaille énormément sur les personnalités de ses héros qui se questionnent en permanence. On s’attarde ainsi sur un Bruce Wayne (Val Kilmer) perturbé et limité dans ses interventions nocturnes. C’est bien ce qui a manqué à Burton qui mettait essentiellement en avant les « monstres » de Gotham que l’identité de Batman.

Il pêche certainement dans une mise en scène confuse, ne trouvant pas l’équilibre entre le drame et le stéréotype. Il tourne ainsi sa chorégraphie dans un ridicule et de l’humour pas toujours maîtrisé.

Il n’y a pas à regretter un casting de qualité mais très hétérogène. On pense de suite à un Jim Carrey incarnant Edward Nygma, alias l'Homme-Mystère, ex-employer chez Wayne Enterprise. Son jeu est poussif et aura le mérite de nous divertir. Dès lors, on ne voit que Jim Carrey déguisé et il laisse derrière lui l’identité d’un méchant en ascension intellectuelle.

Harvey Dent (Tommy Lee Jones), alias Double-face en fait les frais quand il rejoint la cause du Sphinx. Ecarté de sa dominance hasardeuse, il fait office de mascotte coloré et peu convaincant.

Par analogie, il en va de même pour Robin (Chris O'Donnell) face à Batman. Mais la source du problème vient uniquement d’une incohérence due à leur écart d’âge. On appréhende ainsi la qualité du jeune Grayson au même niveau que son mentor, mais en plus désordonné. Le rapport de force et de sagesse diffère pourtant sur le plan technique.

De plus, le film prend le pari de s’ouvrir au grand public et donc à un public plus jeune. Il pèse ainsi sur la notion de « peur ». On introduit rapidement absolument tous les personnages dans l’action. Puis il se pose pour discuter des revers chez ces derniers dans l’univers. Donc au niveau rythmique, on aura évité d’être assommé grâce à Elliot Goldenthal en inspiration et en démonstration. Il restitue l’ambiance à son comics d’origine, qui se veut dynamique et parfois narnardesque.

En somme, Schumacher s’assume dans des choix esthétiques et une interprétation différentes de ce qui a été fait précédemment. Malgré tous ces efforts, la formule demande tout de même un remaniement côté gestion narrative.

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