Chappie

Publié le par Jeremy Chommanivong

Dans un futur proche, la population, opprimée par une police entièrement robotisée, commence à se rebeller. Chappie, l’un de ces droïdes policiers, est kidnappé. Reprogrammé, il devient le premier robot capable de penser et ressentir par lui-même. Mais des forces puissantes, destructrices, considèrent Chappie comme un danger pour l’humanité et l’ordre établi. Elles vont tout faire pour maintenir le statu quo et s’assurer qu’il soit le premier, et le dernier, de son espèce.

Dans un futur proche, la population, opprimée par une police entièrement robotisée, commence à se rebeller. Chappie, l’un de ces droïdes policiers, est kidnappé. Reprogrammé, il devient le premier robot capable de penser et ressentir par lui-même. Mais des forces puissantes, destructrices, considèrent Chappie comme un danger pour l’humanité et l’ordre établi. Elles vont tout faire pour maintenir le statu quo et s’assurer qu’il soit le premier, et le dernier, de son espèce.

« Chappie » est un conte ouvert au grand public. Neill Blomkamp dresse le même décor que ces œuvres précédentes, et ne change toujours pas son approche thématique.

Concernant sa mise en scène et cadrage, tant critiqués lors du dérapage d’Elysium, il a su parer ce défaut. On contemple avec aisance les messages de jugement développés. Tout y est explicité, tant bien dans les actions, les faits et les mots. Rien ne cache la vision post-apocalyptique que tient Blomkamp. S’attaquant à l’expansion de la technologie dont l’efficacité permettrait de substituer l’homme à sa tâche première fera autant débat que le brouhaha que produit le film. En effet, bien qu’il tienne un énorme potentiel, Chappie, l’intelligence artificielle dotée d’une « âme » campe d’une facilité déconcertante sur la violence.

Après quoi, les acteurs secondaires ont une place bien plus que suffisante aux côté de Chappie et de son créateur Deon (Dev Patel). Le sujet est amené de façon ironique et comique jusqu’à l’attachement, le seul parcours envisageable. Et c’est bien là le point fort de l’œuvre.

Entrevoir l’apprentissage à un nouvel être, humain ou non, est d’une complexité sans mesure. Chappie fait les frais de cette éducation, critiquée d’un angle purement objectif de la part du spectateur. Ce sentiment de reconstruire le bien dans un milieu maléfique est ludique afin de comprendre que le mal s’éveille sous bien des aspects. Le but est donc de nous faire prendre conscience d’une science jeune et limité.

La quantification est vue sous des angles bien stricts et des lois sont présentes pour la justifier. Blomkamp tient une vision très pessimiste de cette science en mêlant le concret et l’abstrait.

C’est pourquoi, au détriment des autres protagonistes, on ne développe pas assez l’aspect métaphorique et subtil d’une leçon de vie quelconque. Dev Patel en fait les frais, et à son grand regret, il tient une position trop fermé sur l’ingénieur qu’il incarne. Quant à Hugh Jackman, il va sans dire qu’il n’est que très peu exploité pour son talent. Son charisme à lui seul ne pouvait suffire à compléter un personnage aussi déterminé et qui manque, hélas, d’impact sur la contradiction du message cinématographique.

Et une fois de plus, le talent d’Hans Zimmer relaye les notes de Ryan Amon (Elysium). Une parade efficace, manquant toutefois de piquant à travers les images fortement choquantes par moment.

Le contrat entre le spectaculaire et l’émotion est satisfait. Chappie prête son innocence au service de l’éducation et d’une vision de la paix, impossible à concevoir.

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