Le Conte De La Princesse Kaguya

Publié le par Jeremy Chommanivong

Adapté d’un conte populaire japonais "Le couper de bambou", un des textes fondateurs de la littérature japonaise, Kaguya, "la princesse lumineuse", est découverte dans la tige d'un bambou par des paysans. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main.

Adapté d’un conte populaire japonais "Le couper de bambou", un des textes fondateurs de la littérature japonaise, Kaguya, "la princesse lumineuse", est découverte dans la tige d'un bambou par des paysans. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main.

Il en faut peut pour satisfaire notre curiosité ! Isao Takahata a misé sur une nouvelle approche originale signant un retour fabuleux. Rappelons, tout de même, quelques-uns de ses précédents succès pour le compte du studio Ghibi : Le Tombeau Des Lucioles, Souvenirs goutte à goutte, Pompoko et Mes Voisins Les Yamada. Ces animations ont prouvé qu’ils avaient une place à côté de celle de Miyazaki, en berçant encore nos mémoires les plus nostalgiques. Des moments partagés que l’on souhaite prolonger, qu’importe l’œuvre réalisé, tant que nous pouvons nous évader ainsi de nouveau.

Le Conte de la Princesse Kaguya retrace une histoire mariant divinité et noblesse d’esprit. A partir d’une simple légende, l’auteur a réussi son tour bluffant, consistant à interroger le spectateur sur la destinés des personnages. Tout au long du long-métrage, ce sentiment adopté est d’une simplicité qui ne concurrence point le choix de l’image manuscrite animée. Un style mythique, convenant d’autant plus aux différents contextes que sur le fond de la culture japonaise.

La légende veut qu’elle se réfère à la générosité des bambous et à la magnificence de la lune. Son personnage accroche immédiatement le spectateur dans sa ronde de compassion. En illustrant ainsi un modèle de perfection que l’on envie, tant bien dans la vie que dans l’esprit, la liberté n’a jamais été plus marquante auparavant chez le réalisateur. L’aveuglement vient alors, de tout part, ralentir la course du bonheur.

De par sa longueur, ce film façonne, de manière très intelligente, la critique de la haute société japonaise durant une époque où toute tradition imposait loyauté et sincérité. Une audacieuse provocation qui ne jugeait pas par le statut mais par l’esprit. Toute conscience humaniste quelle qu’elle soit fut mis à l’épreuve, apprenant ainsi les erreurs décisives sur une vie. Une question de liberté est remise en cause sur Terre, car aucune loi, aucun acte ne peut définitivement garantir un bonheur souhaité.

Ajoutons à cela des chants empreints d’un sens unique pour les valeurs de la vie. On se sent emporter, mais plus important, impliquer dans cette réflexion. Ces moments que l’on partage entre espoir et désespoir, où le fin mot de l’histoire restera des plus marquantes et des plus touchant.

Si la prestation, la beauté ou la voix de la princesse ne vous a pas éblouit à votre tour, c’est un rendez-vous manqué avec un joyau des plus insaisissables de la culture japonaise !

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